Dr. Feelgood


Basse : John B. "Sparko" Sparks
Batterie : John "The Big Figure" Martin
Guitare : Wilko Johnson
Voix / Harmonica : Lee Brilleaux

Stupidity

Année : Septembre 1976
Label : United Artists UAS 29990 (réédition chez Grand 21 en 1998)

1. Talking About You (Berry)
2. 20 Yards Behind
(Johnson)
3. Stupidity
(Burke)
4. All Through The City
(Johnson)
5. I'm A Man
(Diddley)
6. Walking The Dog
(Thomas)
7. She Does It Right
(Johnson)
8. Going Back Home
(Green, Johnson)
9. I Don't Mind
(Johnson)
10. Back In The Night
(Johnson)
11. I'm A Hog For You Baby
(Leiber, Stoller)
12. Checking Up On My Baby
(Williamson)
13. Roxette
(Johnson)
14. Riot In Cell Block #9
(Leiber, Stoller)
15. Johnny B. Goode
(Berry)



Lee Brilleaux - Rock Spirit (1991) Propos recueillis par Emmanuel Potts
En 1976, le groupe a dominé les hit-parades britanniques avec l’album "Stupidity". Ce n’était que le troisième album de Feelgood ; tout n’est-il pas arrivé trop vite ?
Probablement ! Nous étions comme un car sans chauffeur qui dévalait une pente à fond les manettes ! C’en fut de trop pour nous car nous n’avions pas réalisé ce qu’il nous arrivait : tout s’était passé si vite et nous étions sur un nuage ! Par la suite, nous avons connu un creux, mais comme oublier les mois qui ont suivi "Stupidity" ? Nous étions jeunes et avons su pleinement en jouir. Si je revivais cela de nouveau, aujourd’hui, je ne m’amuserais pas autant qu’à cette époque ! Il est certain qu’il aurait mieux valu connaître un tel engouement un peu plus tard dans notre carrière, mais nous ne pouvions le contrôler… pas le moindre regret de ma part !

Lee Brilleaux - Jukebox (années 80) Propos recueillis par Bruno Librati
1976 est marquée par la sortie de l'album live "Stupidity" avec le retour de Vic Maile à la console. Comme je l'ai déjà expliqué Vic est un très très bon ingénieur du son. Il nous connaissait très bien, comme nous le connaissions. Malgré que nous ayons eu quelques points de désaccords avec lui, il n'y avait aucun grief personnel. C'était uniquement professionnel. Vic a fait du bon boulot et l'album s'est placé numéro1. Il a été réalisé dans deux endroits différents, ce qui était aussi une bonne idée au niveau des ambiances et du répertoire. La pochette de "Stupidity" a également été conçue par le service graphique de United Artists. Nous n'intervenions pas dans leur décision. Nous étions des garçons turbulents. Nous ne portions pas attention à tout cela. Nous tournions énormément et le plus important restait la musique. Personnellement j'adore cette putain de photo ! Elle représente bien Dr Feelgood, l'énergie. Elle est là pour choquer. United Artists était une bonne compagnie pour nous.
Quelle a été la réaction de Big Figure et Sparko de ne pas apparaître sur le recto ?
Je ne crois pas qu'ils nous en veulent vraiment. Ce sont deux types supers. Ils n'ont pas la grosse tête !
Qui a eu l'idée d'offrir le 45 tours "Riot In Cell Block N° 9 / Johnny B. Goode" avec les premiers exemplaires de "Stupidity" ?
C'est encore une fois la maison de disques. Une bonne stratégie de marketing. C'était leur projet de faire ça. Nous avions d'excellentes relations avec Andrew et les services marketing et promo. Nous étions tous très contents. La plupart des groupes racontent que rien ne va avec leur maison de disques, qu'ils doivent souvent frapper du poing sur la table. Nous n'avons jamais eu ce genre de problème.
Penses-tu que c'était une bonne idée de faire un album live après seulement deux 33 tours en studio ?
Tout le monde nous répétait que ce n'était pas vraiment un bon concept, mais nous on s'en foutait ! Nous voulions le faire de toutes façons, et maintenant ce LP est monté jusqu'à la première place des charts ce qui prouve que ce n'était pas un si mauvais projet que ça !
Vous êtes alors de retour en France pour plusieurs dates et vous tournez dans le film "Going Back Home".
Nous pensions que nous devions réaliser un film sur un de nos concerts. La compagnie qui l'a tourné a malheureusement fait faillite et le film est aujourd'hui entre les mains d'un huissier. Il est probable qu'on nous le revende et nous espérons en faire une vidéo.
Vous enregistrez également un 48 tours avec Lew Lexis, "Boogie On The Street / Caravan Man".
Lew est un ami. J’ai grandi avec Iui. Il habitait la rue à côté de chez moi. Nous étions de supers amis. Je lui al appris à jouer de l'harmonica. Ce qui est marrant, c'est qu’il est aujourd'hui meilleur que moi ! Il est en prison maintenant. Il doit être libéré cette année. Il devrait être en liberté depuis longtemps mais Il a fait une putain de connerie. Lew s'est acoquiné avec des personnes de mauvaises influences, des junkies, des criminels de bas étages et des idiots. Des gens que je n'ai jamais voulu fréquenter. J'ai aussi pris des drogues mais je ne suis pas un junkie. J'ai dit à Lew : "Tu vas avoir de gros ennuis si tu continues à les voir, tu as la chance de continuer une carrière musicale, tu perds ton temps à te shooter à l'héroïne et à boire". Mais il ne m'écoutait pas. Un Jour, j’ai ouvert le journal et j’ai Iu que Lew avait été arrêté. Les faits étaient là. Il s'est pointé dans un bureau de poste de Londres, avec un cran d'arrêt, une bombonne d'essence et un braquet Il voulait brûler l'endroit. Il a aspergé les employés et les clients et menacé la femme derrière le guichet. Il a demandé la recette. Tout le monde était terrifié. La femme au guichet lui a donné quelque chose comme 3.000 livres, ce qui n'est pas énorme. Il a ensuite mis les voiles sur son vélo et s'est fait attraper au premier pub venu, quelques pâtés de maisons plus loin, en train de payer des tournées générales avec le fric des petits épargnants. Comme il avait déjà eu quelques ennuis avec la justice quand il était plus jeune, le juge l'a condamné à sept ans de prison. Quelques semaines après, son avocat obtient sa libération conditionnelle. Il devait rester en ville et pointer quotidiennement au commissariat mais Lew a oublié la consigne et il en a définitivement pris gour sept ans. Durant sa détention sa peine a été réduite de moitié pour bonne conduite. Il doit sortir bientôt.

Je l’ai toujours dit, toujours su ! Depuis ce premier concert auquel j’ai assiste au premier janvier au Marquee, après le Bataclan, l’Olympia, Orange, La Villette rouge, finalement, voici le disque de Doctor Feelgood qui est aussi bon que sa légende ! L’album enregistré en public qui e laisse rien passer, celui qui vous envoie d’un uppercut sur le tapis et vous fait revenir en rampant pour en redemander ! Doctor Feelgood live ! Le premier disque des Feelgood fut accueilli avec réserves. Le temps ne les a pas levées. Un son trop restreint, malgré une flopée de petits morceaux vicieusement courts. Le second était meilleur, mais même s’il levait les ambigüités et révélait en Brilleaux un chanteur de la classe des plus grands (entre Burdon et John Kay), il n’était pas aussi crucialement revigorant que les concerts du damné Dicteur.

Ici, vous aurez tout, et cela signifie foutrement plus qu’avec n’importe qui. Cet album est de la classe star. La basse de Sparko n’a jamais été mieux enregistrée. Sur "Talkin’ About You", il vous tapisse le bas-ventre de feu. La guitare de Wilko Johnson est capturée dans ses soubresauts les plus tueurs. Un guitariste qui peut retrouver à lui tout seul et à la fois la virtuosité de Chuck Berry et la sonorité de Bo Diddley est un génie dans mon journal intime. Lorsqu’il s’aventure dans des solos explosifs et perce le gruyère à la nitroglycérine, comme ici, il s’impose comme le successeur absolu des Groovies, des Who, et j’en passe. Figure, le big batteur, a enfin trouvé son style, et son tempo est aussi saturé et concerné par ce qui se passe qu’on pouvait espérer qu’il le deviendrait. J’espère que vous ne comptez pas sur moi pour vous décrire les nouveaux arrangements de "I’m a Man", de "Walking The Dog" ou de "I’m a Hog For You Baby".

Je me ferais ce faisant penser à ces critiques stupides qui dévoilent le nom de l’assassin à leurs lecteurs. Et ça ne me laisserait pas assez de place pour louer Mister Lee Brilleaux, le grand vainqueur de l’affaire. Ses cris d’étripé, sa voix extasiée modulant un perpétuel Rock’n’Roll, ses solos d’harmonica purs comme l’enfer, me mettent en transes. Et voilà, chers petits amis ! Et vous aussi, mignonnes lectrices, sachez que cet album dont vous voyez la pochette reproduite est capable de rivaliser avec tous les grands albums live qui donnèrent au Rock cet aspect de bête furieuse et sauvage, de fauve au poil collé que l’on enfourche pour des chevauchées asphyxiantes. Le son est fabuleux, intense. J’ai testé ce disque avec un indicateur de puissance instantanée : sur "Goin’ back Home", on voit des crêtes de 55 watts d’un seul coup ! En dirai-je plus ? En dirai-je plus ? Oh, là, là ! je n’en dirai pas plus.

Philippe Manœuvre.
© Rock & Folk n°118, novembre 1976


P.S. (évidemment) : C’est un scandale ! En Angleterre, cet album est vendu avec un simple gratuit, enregistré lui aussi en public et sur lequel on trouve "Riot in Cell Block n°9", et "Johnny B. Goode". Pressage français : le simple a disparu ! C’est une honte ! C’est immonde ! Nous voulons "Johnny B. Goode" ! Johnny Feelgood ! Chuck Johnson ! Eddie Brilleaux ! Elvis Sparko ! Gene Figure ! Vous avez été trahis ! Ah, tant pis, le trente est si bon ! Je vais réécouter "Roxette" ! Mais quelle stupidité !

Presumably this 1976 live album has been re-released to catch the upsurge in public demand for all things sweaty and grizzled. A historical document, no less. The Doctor’s influence was undeniable-according to Blondie, the band’s first US tour was seen as a turning-point in pop history, as American musicians were reawakened to the possibilities inherent in black suits and straight ties. After them the deluge, eh ?

Wilko Johnson alone must have changed a few lives, persuaded many a youth that trying to play like John McLaughlin wasn’t the only route to being a guitar hero. And visually, of course, he provided a role model for a generation of gangling galoots in Oxfam suits doing their damnedest to perfect that famous ferret-down-the-trousers glare.

So far, so good. Alas, "Stupidity" sounds as dreary now as it did (at least, to me) then. The few outstanding moments are those in which Wilko airs his patented chicken-neck scratch style - "All Through The City", "Don't Mind", and especially "Roxette", their debut which they never quite equalled again - a strut so jerky it sounds like white cretins playing reggae from sheet music. But there’s also many a helping of traditional R&B stodge here.

For all the style, the Feelgoods were a pretty average boys’ night out y - Lee Brilleaux’s eager-to-sleaze rasp, a couple of dour, dependable 5 good ol' boys in the rhythm section, and a philosophy of booze, birds and banality. NME critics voted ‘Stupidity’ third best album of '76. Yes, it was that kind of year.

Jonathan Romney

They finally got it right
Propos recueillis par Charles Shaar Murray ©NME 18/09/1976
BOTH of Dr. Feelgood‘s previous albums were somewhat disappointing to their faithful.
The first one was accused of sounding too thin and tinny and not doing an adequate job of capturing the manic, flailing energy of their gigs, while the second - though it went a considerable distance towards repairing the enery gap - had inferior material to the first. All relative complaints, of course. The albums were actually pretty good, but they didn‘t bring the madness and mischief of Basic-Feegoodery into your home with the same degree of teeth grinding mono-mania that you remembered from the gigs. “Stupidity” renders both of {Sue two studio albums obsolete.

It may seem like a bad case of “I told you so." but everybody who insisted front the first that the Feelgoods should have been recorded live all along can go pick up their Nostradamus award. This album is the authentic pounding, stomping, growling Dr. Feelgood that gets down and gets crazy on stages all over Britain and blitzes you into getting down and getting crazy right along with them. Info: side one was recorded at Sheffield City Hall in May 1975 and comprises "Talkin’ ‘Bout You", "Twenty Yards Behind", “Stupidity“, "All Through The City", "I'm A Man", "Walking The Dog", and "She Does lt Right“.

Side two is from a gig at Southend Kursaal last November and features "Going Back Home," "I Don't Mind", "I'm A Hog For You Baby", "Checking Up On My Baby" and “Roxette." “I'm informed that the first 20.000 copies will include a free single of "Riot In Cell Block umber Nine" and "Johnny B. Goode", but the test pressing I've got doesn't include the freebie. Basically, six out of the thirteen numbers are new to the Feelgood recorded repertoire, though a different live version of "I'm A Man" appeared on one of their B-side while back. All the recordings of numbers from the previous albums completely trash the studio versions. No trouble, mate. No trouble at all.

Since the Feelgoods have always disdained using the facilities of the studio to cosmetise their work, what makes the difference is not so much the absence of over-dubs and the like (cuz there weren't any in the first place) but the adrenalin rush and the lack of the inhibition and self-consciousness that has prevented them from giving of their best in the studios in the put.

"Stupidity" is nothin‘ but hard-charging Feelgoods rock and roll the way it really sounds, the way it shoulda sounded all along, an album to play as loud as you can get away with playing it whenever your feel the need to rod and stomp like a maniac in the privacy of your own homelet. It carries you along, sweeps you away on an irresistible adrenalin tide and leaves you drained and happy going “Whoooooee'eeee!" at the end, rocks you good like an album should. It’s got their first colour cover, too. My copy was somewhat bass-heavy. Incidentally, so unless you're a relative of Sparko's I'd recommend that you give it a lot of treble. The only worry is where do the Feelgoods go after this.

"Stupidity" provides a perfect encapsulation of what and where they‘ve been up to now; indeed, it captures t m so perfectly that unless they carry on to do something radically new and different they hardly need to make another record. Still, that's their problem, not yours. For the nonce, “Stupidity" gives eve who‘s ever gotten off on the Feelgood : a take-home carry- out souvenir of exactly what it was that got him/her off. Enjoy, already.




 

Wilko Johnson travaille sur un nouvel album
11 Mai 2017

Nouvelle biographie sur Lee Brilleaux
27 Novembre 2016

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20 Novembre 2016

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