Dr. Feelgood

Concert du 7 mars 1975 à Paris (Bataclan)

Article de Jackie Berroyer © Rock & Folk
Merci à Daniel Rapina !

Paveton I
1975, c’est l’année de la femme.
C’est aussi l’année sainte et l’année Ravel. S'il n’avait pas eu l’idée branque de caner en tombant de son vélo devant la Samaritaine, Ravel aurait aujourd’hui cent ans.
Jésus-Christ, lui, en aurait 2008. Ca serait pas un gamin. Pour le coup, on aurait une bonne raison de penser que c’est pas un mec comme les autres. Et la religion catholique ne serait pas en train da crounir. Mais revenons à Ravel. Certains prétendent qu`il s‘est fait emplafonner par une tire à bourrins. D'autres affirment que c'est à cause d’un pan de son boléro pris dans le dérailleur de son biclo. Qu'importe. Une fois Ravel calenché. il fallut trouver quelqu’un pour palper les droits d'auteur. Sur son testament, il avait tout refilé au pilote de sa bagnole. Faut croire qu'il l’avait à la bonne son larbin à roulettes.
Il faut cinquante piges environ, avant que les œuvres inscrites à la société des auteurs tombent dans le domaine public. Avant, chaque fois qu’on en pousse un air, faut casquer.
Le chauffeur s'est sucré un moment et il a cassé sa pipe. Du coup, c’est son rejeton qu’a repris le flambeau. Parait que c'est un mec imbuvable. L’insensible total, ne s’intéresse à la gamme que pour les talbins qu’elle lui procure. Si c'est pas une honte ?!

Paveton II
Jimi Hendrix aussi laisse des droits d’auteur.
C'est mézigue qui les touche.
C’est une longue histoire. mais je vais vous la faire succincte.
J’étais a l’examen du concours d'entrée dans les gardiens de la paix.
Je fais un pâté sur ma copie. Je sèche avec un soiffard rose. Je veux finir à la gomme. Disparue le gomme ! Je me tourne vers mon voisin : tu vas me refiler ma gomme à encre bordel de nom de dieu ou je te bute ! Non ! me dit-il. Pan !!! Je le bute. Aussitôt, je me fais la paire. Des années à me planquer. Je fais la plonge dans un chinois à Soho. Je rencontre Jimi. Il est demi-chef de rang dans ce restau. On devient pores. Le soir on gratte la guitare. J'ai du jonc dans les didis, il en revient pas. Je lui bonnis : "Moi, je peux pas me faire repérer avent d'avoir un peu viocqui, mais toi je vais te faire ta carrière." En deux ans, je lui refile tous les plans et une autre mentalité.
On fait un marché. Contrat moral. Je lui file tout ça. mais il m'allonge sur son testament pour les droits d’auteur. Une fois qu‘il est au point. je lui mets dans les pattes de Chas Chandler en lui recommandant bien (à Chas) de raconter qu'il le ramène des Amériques.
Chas le balance sur le marché. Ca marche au poil. On le laisse œuvrer pendant un moment. et hop ! Je lui file l’overdose. Ca y est, je suis aux as.
Si c'est pas une honte ?!

Paveton III
J’al beau être aux as, des fois je suis marron.
L’autre soir au Bataclan: Docteur Feelgood, un groupe à moi. Même démarche qu’avec Jimi, mais je laisse le fric à leurs descendants, je l'ai monté juste pour le pied.
Trouvé un chanteur qui rentre dedans. un paquet de nerfs. Avec physique et costard, harmonica et slide guitar. Derrière, un guitariste fou avec jeu de scène d’automate et quinquets pour cinoche fantastique. Du gibier pour Ken Russel ou Kubrik. Je lui ai tout montré.
Pas de mediator. la paluche libre, une technique spéciale. Des riffs Berry, plus vite, plus sec. Du rock, rien que du rock. Pas hard…. pub.
Et même du blues, quel blues ! Drums et basse qui assurent sérieux mais sans physique, plutôt gros pécores pour contraster.
Sent prêts, Viennent à Pantruche, Bataclan, Wagram du rock. C'est bourré presque sans publicité, juste de la menteuse aux étiquettes, Populo habituel, hirsutes tous genres, minettes guincheuses et hell’s bastoohe prêts à filer des beignes. L'ambiance est bonne. Les joints circulent, les poulets en civil sont déguisés en dirlos artistiques, tout est O.K.
On a le cul par terre. Pour pas qu’on casse les chaises. on n’en a pas mis. A la régie, on éteint la salle. Première partie. En américaine des englischs, on e un groupe français, "L'histoire du petit Robert".
Little Bob, c'est le chanteur, il traine ses bourrelets sur les planches depuis bien dix piges. Il va nous balancer une dizaine de classiques. C'est pas mal, mais ça botte pas à tout le monde.
A un moment, si la boutanche n'était pas passée au-dessus de la barre, Little Bob était éliminé du championnat. Il termine son set sans pétard. Il vient d'en reprendre pour dix piges, c’est pas encore l’Olympia.
Entracte. On se dégourdit les quilles. Les roadies changent le motos.
Ca a l’air d'être prêt. On se refout le cul sur le pavé. Voici les présentateurs. "Les mecs, un grand groupe de rock ! Levez-vous les mecs ! Allez ! Debout ! Debout !!" Ils veulent dire par là qu’on est un peu mollassons pour accueillir Feelgood. Alors le troupeau obéit. Ca commence à se lever un peu partout. Merde ! On va rien voir... Le temps que les musicos s'installent, nous, derrière, on gueule assis !
Balpeau. C’est râpé, y bougeront plus. Y a des grands devant. Les petits et los moyens on est marron, Si encore ca bougeait. si ca gambillait. Neni ! Les trois quarts restent plantés, aussi statiques que sur leur cul. Fumiers !!
Pourris !! Les présentateurs... je vous en veux.
On aime le rock autant que vous, on va au concert Pour voir et entendre, C’est bien la peine que je leur fasse travailler le visuel, à Feelgood…
Tiens, du coup c’est la dernière fois que je lance un groupe. Si c'est pas une honte...

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