Dr. Feelgood


© Tony Nicholls

Eddie & The Hot Rods
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Eddie & the Hot Rods sur Rock-Interviews.Com

Paul Gray, 13 juillet 1975. "Dieu seul sait pourquoi j’ai répondu à cette annonce. (…) Mais je l’ai fait. ‘Recherche bassiste’. Mon père m’avait acheté une basse pour mon treizième anniversaire. Comme un million d’autres adolescents chaque jeudi je regardais ‘Top Of The Pops’. C’était Steve Currie… ‘Get It On’. Je voulais être lui, je voulais une basse !"

"Tu sais jouer rapidement ?" lui demande-t-on au téléphone, "Euh, oui." Direction Canvey Island le lendemain pour passer l’audition. "Tous les autres bassistes semblaient meilleurs que moi… Mes mains tremblaient tellement que j’ai renversé ma tasse de café…"

 

 

Eddie & The Hot Rods voit ainsi le jour à Southend, Essex, région prolifique puisqu’elle verra éclore d’autres formations comme Docteur Feelgood, Nine Below Zero… Barrie Masters : "C’est parce qu’on vient du même lieu qu’on joue la même musique. Les mêmes raisons, parce qu’on aimait ça qu’on prenait notre pied…"

Retournons à nos jeunes loups. Nous avons donc Dave Higgs à la guitare, Steve Nichols à la batterie, Lew Lewis(1) à l’harmonica, Barrie Masters au chant… et Paul Gray, décidément trop modeste envers sa personne, à la basse.

 


Lew Lewis, Paul Gray, Dave Higgs, Barrie Masters

 

Pour l’anecdote, Eddie est le nom d’une marionnette que Barrie Masters utilisait à ses débuts sur scène : "Nous avons fabriqué cette marionnette de 6 pieds 6 pouces (environ 2 mètres) avec un chapeau mou, un costume rayé et des lunettes de soleil. Nous le suspendions dans une sorte de cage à perruche qui se trouvait à l'arrière de la scène, là où il faisait très sombre. J'allais vers lui et lui parlais pendant la représentation. A la fin du concert, on le flanquait par terre et on le tabassait. Nous avions l’habitude de l’appeler Eddie, c’est de là d’ou vient notre nom."

Ed Hollis rejoint la troupe un mois plus tard. Tel Ian Stewart des Rolling Stones, Ed Hollis endossera le rôle de "cinquième membre"... Les choses vont alors s’enchainer très vite. Il leurs dégotte un concert londonien, au Kensington. Paul Gray : "J’ai été payé quinze livres (…) le jour suivant c’était mon anniversaire (…). Nous avons rejoué au même endroit mais avec beaucoup plus de spectateurs que la veille ! Je ne pouvais pas y croire. Le lendemain nous étions au Newslands Tavern à Peckham puis au Kenno…" Au travers de ses concerts, et en l’espace seulement de trois mois, le groupe se forge une solide réputation, l’énergie débordante dégagée par Barrie Masters n’y étant pas pour rien ! C’est cette même énergie qui contaminera un certain Howard Thompson d’Island Records qui les fait signer pour un contrat de cinq ans. "J’avais dix-sept ans, se souvient Paul Gray, et mon père avait du signer le contrat, j’étais mineur… Il était immensément fière, tout comme ma mère, qui dans les années 50 avait été chanteuse professionnelle d’opéra."

 


Barrie Masters, Dave Higgs , Steve Nichol, Paul Gray

 

Leur style se rapproche dans un premier temps du Rhythm’n’Blues (Rolling Stones du début, The Who, The Kinks…) mais Eddie & The Hot Rods apporteront une certaine rapidité et dureté se rapprochant davantage du Punk-Rock que du Pub-Rock, les textes des chansons évoquant davantage l’adolescence(2) et ses "problèmes", que la lutte des classes… permettant probablement une plus large identification du jeune public au groupe. Pierre Dauriac, qui a plusieurs fois fait jouer le groupe en France, témoigne : "Quand le Punk est arrivé, il a donné de la fraîcheur. Car dans les années 70, il y avait beaucoup de musique surfaite, des grosses machines. Le Punk était un mouvement musical qui - même s'il est né en Angleterre pendant la période thatchérienne - ne portait pas vraiment de revendication politique. À l'exception des Clash bien entendu. Tout était basé sur l'énergie."

Le rythme des concerts s’accélère, les Hot Rods sont contraints de quitter leurs emplois "journaliers" pour se consacrer à plein temps à la musique.

 

 

Suivent leurs premiers enregistrements, le 23 décembre, au Jackson Studio à Rickmansworth. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne perdent pas de temps ! Paul Gray : "Nous avions écrit à John Cale, David Bowie, Lou Reed, Keith Richards et Pete Townsend en leurs demandant de nous produire. Seul Pete a répondu en disant qu’il était trop occupé." C’est finalement un autre producteur, et pas des moindres, Vic Maile (The Inmates, The Animals, The Kinks, la liste est longue !) qui va se charger d’eux. Sortent deux EP : "Writing On The Wall / Cruisin' (In The Lincoln)" (WIP 6270) et "Wooly Bully / Horseplay (Weary Of The Schmatlz)" (WIP 6306, avec la participation d’Andy Mackay, saxophoniste de Roxy Music).

 

 

Mais ce seront les deux singles "Live At The Marquee" (IEP 2 1976) et "Teenage Depression / Shake" (WIP 6354) qui atteindront les premiers les charts anglais (respectivement 43ème et 35ème place), leurs offrant une plus large renommée, préparant favorablement le terrain pour leur premier album : "Teenage Depression" enregistré toujours en compagnie de Vic Maile.



Teenage Depression


Eté 1976. Le groupe joue au fameux Marquee Club à Londres, alternant avec une autre future légende, australienne cette fois-ci, AC/DC. Club qui ne leur était pas inconnu puisqu’ils s’y étaient produits en février avec comme premier partie les Sex Pistols encore inconnus au bataillon. Ces derniers auraient fracassé le matériel des Hot Rods, ce que les media ont commenté en long et en large dans leurs colonnes, "Rods versus Pistols" (sans rappeler la polémique Stones/Beatles… rivalité uniquement médiatique – et commerciale ?).

Le 7 septembre 1976 ils font une apparition à… Top Of The Pops, la même émission que regardait Paul Gray des années auparavant. Ils terminent leur tournée anglaise "Freeze Out Tour", fin 1976.

 


Graeme Douglas, Barrie Masters, Steve Nichol, Paul Gray, Dave Higgs

 

1977 arrive et avec elle l’apogée du Punk. "La scène musical a changé à jamais, le Punk a rendu possible avec trois accords la formation d’un groupe. Souvent les mêmes accords d’ailleurs… The Damned, The Clash (Joe Strummer assurait notre première partie à Nashville l’année précédente avec son groupe de Rhythm‘n’Blues les 101ers), The Stranglers… nous étaient contemporains et nous jouions fréquemment dans les concerts des uns et des autres." Année jonchée de tournées, de show télévisées, d’enregistrements… Le EP live "At The Sound Of Speed" (clin d’œil à l’opus des Wings "At The Speed Of Sound" sorti l’année précédente) qui produit cette année là traduit bien cette ambiance live. C’est en l’enregistrant que les Hot Rods font la connaissance du guitariste Graeme Douglas (des Kursaal Flyers qui assurent leur première partie) qui les rejoint ponctuellement sur scène avant de devenir un membre à part entière. "Il jamait avec nous au Rainbow Théatre à Finsbury Park le 13 février, écrit Paul Gray, c’était brillant, une vraie nuit Rock’n’Roll."

Ils jouent en France où ils sont beaucoup demandés, passant en mai à l’Abattoir à Paris. Paul Gray se souvient de la tournée allemande qui suivi, et pour cause : "Nous étions en ouverture de Chuck Berry qui ne nous a jamais adressé la parole… Il demandait son argent cash avant le concert, jouait cinquante-neuf minutes… C’était un choc pour nous. Lors de la dernière date, je suis allé dans sa loge, lui demandant de signer le poster de la tournée, ‘fuck off ’(3) m’a-t-il dit… Charmant." De retour en Angleterre ils se lancent dans la tournée "Summa Madness" et en août brûlent les planches du Marquee, cinq soirs de suite.

 

 

Ils enregistrent leurs second opus "Life On The Line" sous la houlette du producteur Steve Lillywhite (qui travaillera avec U2 plus tard) au studio Regent Sound à Hampstead, Londres. Si la pochette fait polémique en faisant encore référence au suicide, le succès est incontestable (27ème dans les charts). Les coupures de presse s’accumulent… Comme le Record Mirror qui les qualifiera de "meilleur nouveau groupe".

 

 

Il faut dire que venait de sortir leur quatrième EP "Do Anything You Wanna Do" (composé par Douglas et Hollis), 9ème dans les charts anglais, à la fois rageur, mélodieux, racontant la frustration adolescente. L’on peut y voir sur la jaquette Alistair Crowley avec des oreilles de Mickey. Cet écrivain britannique(4) n’en est pas à sa première apparition puisque l’on peut le voir sur le "Sergent Pepper" des Beatles :

 


Alistair Crowley avec... des oreilles de Mickey !

 

L’Europe reste toujours une terre propice, en témoigne la popularité du groupe à Mont de Marsan, toujours d’actualité en 2010. "Les 5 et 6 août 1977, les Hot Rods ont remis les pieds aux arènes. En vedette avec Doctor Feelgood et les Clash, poursuit Pierre Dauriac. Converses blanches, pantalons pattes d'éphs immaculés, ils ont joué dans la nuit (…) et pourtant, ils dégageaient la même énergie. Ils ont littéralement mis le feu aux arènes. Pour moi, ça a été l'un des meilleurs groupes du festival." Direction l’Amérique du nord, pour une tournée de 57 dates en 52 jours avec les Talking Heads, les Ramones, Tom Petty… Dee Dee Ramone s’interrogera : "Comment peuvent-ils jouer à la fois si dur, si vite, si bien, et avec si peu d’accords ?" C’est la signature des Hot Rods pardi ! Paul Gray : "Nous avions joué des deux coté de l’atlantique, mais à quel prix ? (…) Le dernier jour (nous sommes à la fin 1977) on nous a proposé une tournée américaine avec Elvis Costello qui commençait en janvier. Nous avions deux jours pour nous décider. Or c’était notre première chance d’avoir un mois de repos depuis plus de deux ans. Dave était épuisé et détestait l’Amérique. Il a refusé. Nous avons décliné l’offre."

Après un mois de repos, ils retrouvent les routes pour le "Life On The Line Tour". Paul Gray parlera d’une "fantastique tournée ou pendant trois mois le groupe et la foule ne faisait plus qu’une grande famille". Sort le single "Quit This Town / Distortion May Be Expected" (WIP 6411) 36ème place dans les charts anglais.

 


Graeme Douglas, Steve Nichol, Barrie Masters, Paul Gray, Dave Higgs

 

Les relations avec leur manager Ed Hollis se détériorent. Le groupe n’arrive pas à joindre, financièrement parlant, les deux bouts, "Ed passait plus de temps sur d’autres projets et commencent à succomber, selon Paul Gray, à un peu près tous les excès"… Island voulait un autre album avec un producteur renommé, ce sera Peter Ker qui officiera aux mythiques studios Abbey Road. C’est un opus très expérimental qui en sortira en 1979. "Thriller" ne réitère pas le succès de son prédécesseur en passant plutôt inaperçu, malgré les participations de Lee Brilleaux, Jools Holland et mêmes de Linda McCartney ! Barrie Masters à propose de Lee Brilleaux : "On s’est connu gamin, 16 ou 17 ans… On bossait beaucoup, on se connaissait très bien mais on se voyait que quelque fois par an à cause des tournées. Lee Brilleaux était un gentleman, un vrai gentleman. Un homme très sympa, gentil… J’ai entendu trop de saloperies le concernant, des personnes qui l’ont bien démonté après son décès, ce qui m’a attristé, c’était vraiment quelqu’un de bien… Il me manque."

La popularité du groupe périclite, malgré une tournée estivale anglaise. Island Records et Ed Hollis décident de quitter le navire. Il faut dire que 1979 est une mauvaise année : le Pub/Punk-Rock parait hors sujet, se démodant à vitesse grand V.

Malgré tout ils signent chez E.M.I. où ils sont managés par Harry Maloney (qui s’occupera de Manfred Mann). Ils retrouvent les Etats-Unis… pour un bilan plutôt mitigé ! "C’était très différent d’avant, déclare Paul Gray, beaucoup de temps s’était passé depuis notre tournée triomphante et nous devions effectivement tout recommencer à zéro. (…) Nous faisions souvent 800 km en une journée, nous n’avions plus d’argent…" Ils gravent ce qui sera l’album de la séparation, "Fish’n’Chips" (1980) avec l’organiste new-yorkais Al Kooper. Paul Gray rejoint les Damned (site internet), Graeme Douglas retourne à ses études de physique pour très vite retrouver les Kursaal Flyers (site internet), suivi en 1984 (jusqu’en 1987) par Barrie Masters qui rejoint les Inmates(5) remplaçant Bill Hurley alors souffrant.

Le groupe se reformera avec plus ou moins de membres originaux en 1985, il faudra attendre 1992 pour réécouter la line up du débat qui se relance dans une tournée européenne. Il faut dire que trois ans auparavant, Graeme Douglas ressort d’anciennes maquettes et sous le titre "Curse Of The Hot Rods" (Southend) redonnant ainsi une actualité au groupe. Mais Dave Higgs se lace et abandonne le groupe. Steve Walwyn arrive (rappelons qu’à l’époque Lee Brilleaux est très malade), lui-même remplacé brièvement par Gordon Russell qui, et l’on en aura fini avec les guitaristes, est relayé par Mick Rogers (des Manfred Mann's Earth Band).

En 1994 est enregistré "Gasoline Days", sans Dave Higgs pour un label japonais (Creative Man Records) : il ne sortira que l’été 1996 au Royaume-Uni et au Japon. Paul Gray reforme Eddie & the Hot Rods qui part en tournée au Royaume-Uni et en Allemagne. L’année suivante, Rogers retourne au Earthband et est remplacé par Madman Keyo. La même année, Nichols à un accident de voiture et pendant sa récupération est remplacé par Jess Philips…

En 2000, on demande au groupe de participer au "Naughty Rythm Tour" qui comprend 76 dates aux côtés de Doctor Feelgood, John Otway et les Hamsters. Barrie Masters remotiva ses Hot Rods et la tournée fut un vrai succès. De nouveaux musiciens sont recrutés : Simon Bowley, (batterie et neveu de Steve Nichol), Gary Loker (guitare) et Dipster (basse).

 


Richard Holgarth, Dispter, Barrie Masters, Chris Taylor, Simon Bowley

 

Fin 2002, Richard Holgarth (guitare) rejoint la line-up. Deux années plus tard Gary Loker est contraint de partir suite à des problèmes de santé, non sans avoir pleinement participé à l’enregistrement du nouvel album "Better Late Than Never" (2004), célébrant les 30 ans du groupe. Pour que le groupe puisse demeurer un quintet de feu sur scène, l’ex-Receeders, Chris Taylor est engagé. Pointeront également le bout de leurs nez l’album "Been There, Done That..." (2006), sans oublier le DVD dont un sampler est ci dessous "Live in London - 2005", enregistré au London Astoria. Un autre album studio est en préparation...

 

 

Eddie & The Hot Rods ne cesse de tourner (affichant au compteur plus de 6000 concerts !), se produisant un peu partout en Europe… et même aux Etats-Unis. En mars 2010 le groupe attaque le "Kiss Me I’m Drunk Tour" fêtant ses 35 ans de carrière et sort pour l’occasion leur dernier opus à ce jour : "New York Live".

Richard Holgarth : "Parfois les groupes ont peur d’enregistrer un live, cela peut paraître plus risqué qu’un album de studio… Cet album est totalement live en ce sens que chaque erreur même minime et chaque belle réussite est gravée sur cette album. Pas de correction, rien… »
Barrie Masters : "Oui, c’est ca !
"
Richard Holgarth : "Nous avons tourné trois fois en Amérique… (2006, 2008, et 2009) La dernière tournée nous sommes allés de la cote est à la cote ouest…"
Barrie Masters : "Non, de l’ouest à l’est !"
Richard Holgarth : "Donc oui nous avons enregistré à Broklyn après trois semaines de tournée… Nous avions fait un précédent Live ‘Live in London’, et le prochain album mmm… sera… Live à Paris ! (Rires)"
Barrie Masters (en français) "Oui le 20 mars !"

 


© Keith Newhouse

Thanks to Didier Pasquier, Pierre Dauriac sans oublier Barrie Masters, Simon Bowley, Gary Loker et Dipster !

 


Voir les photographies du concert du 17 septembre 2010

 

(1) En mars 1976, Lewis est limogé du groupe et forme la première line-up du Lew Lewis Band. "Après mon départ, le gens disaient 'Lew Lewis est trop sauvage pour les Hot Rods', j’étais non gérable, j’étais un petit peu plus sensé qu’il n’y paraissait. Je n’ai jamais aimé le coté business de la musique, et c’est toujours le cas."

(2) Extraits de "Teenage Depression" :
Well I'm spending all my money and its going up my nose
My Daddy's found me out and he's tearing up my clothes
My probation man says you know you ought to quit
I said now don't you hang me up now with none of that shit
Same thing every day, well I cant get out of bed
Too many questions are confusing up my head
I cant stand the thought of another day at school
But I know the weekends coming so I gotta keep my cool
It really makes me mad when they always ask me why
That I never comb my hair and I never wear a tie
School teacher bugging me it's the same old thing
Get out of my way I need another shot of gin

(3) Nous préserverons les âmes sensibles… Pas de traduction.

(4) Crowley est mieux connu par ses écrits occultes et tout particulièrement par son Livre de la Loi, le livre sacré de Thelema. Membre influent de plusieurs organisations occultes (l'Ordre hermétique de l'aube dorée, l'A.A. et de l'Ordo Templi Orientis), Crowley a exercé une influence significative sur l'œuvre de musiciens Rock tels David Bowie, Jimmy Page, Ozzy Osbourne… Winston Churchill dira de lui qu'il était "l'homme le plus méchant du monde"...

(5) Il enregistre deux albums avec eux (Thrue Live Stories en 1984 et Five en 1985).

 



Albums


Teenage Depression
[1976]

Life On The Line
[1977]

Rods
[1977]

Thriller
[1979]

Fish'n'Chips
[1981]

Wild Dogs
[1982]

One Story Town
[1985]

Curse Of The Hot Rods
[1990]

Gasoline Days
[1992]

Live And Rare
[1993]

Ties That Bind
[1994]

Get Your Rocks Off
[2002]

Better Late Than Never
[2005]

Been There, Done That
[2006]



Singles

Writing On The Wall / Cruisin' (In The Lincoln) (1976)

WIP 6270
 
Wooly Bully / Horseplay (Weary Of The Schmatlz) (1976) WIP 6306
 
Live At The Marquee (1976) IEP 2
 
Teenage Depression / Shake (1976) WIP 6354
 
At The Sound Of Speed (1977) IEP 5
 
I Might Be Lying / Ignore Them (1977) WIP 6388
 
Do Anything You Wanna Do / Schoolgirl Love (1977) WIP 6401
 
Do Anything You Wanna Do / Schoolgirl Love (1977) 12WIP 6401
Quit This Town / Distortion May Be Expected (1978) WIP 6411
 
Till The Night Is Gone / Flipside Rock (1978) WIP 6418
 
Life On the Line / Do Anything You Wanna Do (Live) (1978) WIP 6438
 
Media Messiahs / Horror Through The Straighness (1978) WIP 6464
 
Power And The Glory / Highlands One, Hopefuls Two (1979) WIP 6474
 
At Night / You'd Better Run / Looking Around (1980) EMI 5052
Farther On Down The Road (You Will Accompany Me) / Fish'n'Chips (1981) EMI 5160
Fought For You / Hey Tonight (1984) WP 59
One Story Town (1985)  



Live


BBC Radio 1 Live in Concert
[1995]

New York : Live
[2010]



Best Of


Best Of
[1994]


Doing Anything They Wanna Do
[1999]


Do Anything You Wanna Do [2000]

The Singles Collection
[2009]
   



DVDs


Do Anything You Wanna Do [2005]
Cherry Red


Live 2005 [1999]
Musea Distribution


Introspective [2009]
?

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